Kératoses séborrhéiques
Une lésion bénigne très fréquente après 50 ans : la reconnaître, savoir quand consulter, et comprendre s’il faut la retirer, et comment, au centre, à Paris 8e.
Table des matières
Révisé médicalement par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris 8e.
RPPS 10100674943 — Publiée le 15 mai 2025 · Mise à jour le 8 octobre 2026.
Les kératoses séborrhéiques sont des lésions bénignes de la peau, très fréquentes chez l’adulte, surtout après 50 ans[1, 2]. On les appelle aussi « verrues séborrhéiques »[3]. Elles ne mettent pas la santé en danger, mais elles peuvent gêner, s’irriter ou ressembler à une lésion plus grave. Un examen de la peau par un médecin, à l’œil nu et au dermatoscope, permet de confirmer leur nature et, si besoin, de discuter d’un retrait au centre de chirurgie dermatologique à Paris 8e.
Réponse courte
Une kératose séborrhéique n’est pas un cancer. C’est une tumeur bénigne de l’épiderme : les anomalies génétiques de ses cellules ne la rendent pas cancéreuse[3, 4]. Le risque tient surtout à la confusion : un mélanome ou un carcinome peut lui ressembler, parfois de très près[5, 6]. Plus rarement, un cancer de la peau se développe au sein d’une kératose[7]. Une tache qui change vite, saigne ou ne ressemble pas aux autres doit donc être montrée à un médecin[3, 8]. Le retrait n’est pas obligatoire : il se discute en cas de gêne ou de doute, et une lésion retirée par curetage ou par exérèse peut être analysée au microscope[9, 10].
Chiffres clés
- Dans une étude australienne (100 adultes, pays très ensoleillé), 100 % des plus de 50 ans avaient au moins une kératose séborrhéique, contre 12 % des 15-25 ans[2].
- 0,66 % : part de mélanomes parmi 9 204 lésions envoyées au laboratoire avec un diagnostic évoquant, entre autres, une kératose séborrhéique, dans un centre universitaire américain[5].
- 6,4 % : part de tumeurs malignes, dont 2 mélanomes, parmi 577 lésions retirées avec un diagnostic de kératose séborrhéique, dans un laboratoire régional américain ; le taux était plus élevé quand la lésion était irritée ou inhabituelle, et ce chiffre ne vaut pas pour toutes les kératoses[6].
- 87,5 % des kératoses avaient disparu 12 semaines après un curetage, contre 55 % après un laser 532 nm et 50 % après une cryothérapie au propane-butane (et non à l’azote liquide), dans un petit essai allemand (30 patients)[10].
Définitions
Kératose séborrhéique : lésion bénigne faite de kératinocytes, les cellules qui forment l’essentiel de l’épiderme, la couche superficielle de la peau. Elle va de la tache peu colorée à la plaque brun-noir en relief, d’aspect « collé »[1].
Dermatoscope : loupe éclairée à fort grossissement. L’examen, appelé dermatoscopie ou dermoscopie, dure quelques minutes ; il aide à reconnaître les lésions bénignes, dont les kératoses séborrhéiques, et à repérer celles qu’il faut prélever[11].
Cryothérapie : destruction de la lésion par le froid, le plus souvent avec de l’azote liquide[12].
Curetage : retrait de la lésion par grattage de la surface de la peau, avec un petit instrument en forme de cuillère, la curette. Il est parfois complété par une électrocoagulation, qui cautérise la zone par un courant électrique.
Rasage (shaving) : retrait d’une petite lésion au bistouri, au ras de la peau, sans points : il laisse un petit creux peu profond, qui cicatrise ensuite de lui-même[13].
Exérèse : retrait chirurgical de la lésion en entier, au bistouri, puis fermeture de la peau par des points.
Biopsie : prélèvement d’un petit fragment de la lésion, pour l’analyser au microscope.
Analyse anatomopathologique : examen au microscope du fragment retiré, qui confirme le diagnostic.
Une kératose séborrhéique, est-ce un cancer ?
Non. La kératose séborrhéique est une tumeur bénigne de l’épiderme, l’une des plus fréquentes de la peau[3, 10]. Les anomalies génétiques retrouvées dans ses cellules (gènes FGFR3 ou PIK3CA) sont acquises au cours de la vie : elles sont absentes de la peau saine voisine[4]. Elles ne la rendent pas cancéreuse[3, 4].
Le vrai risque est la confusion. Dans un centre universitaire américain, 9 204 lésions ont été envoyées au laboratoire avec un diagnostic qui évoquait, entre autres, une kératose séborrhéique. Parmi elles, 61 étaient des mélanomes, soit 0,66 %. Dans 3 cas, le médecin n’avait pensé qu’à une kératose[5]. Dans un laboratoire régional, 37 des 577 lésions retirées avec un diagnostic de kératose (6,4 %) étaient des tumeurs malignes, dont 2 mélanomes. Ce taux augmentait quand la lésion était irritée ou d’aspect inhabituel[6].
Ces chiffres portent sur des lésions déjà jugées utiles à analyser : ils ne valent pas pour toutes les kératoses. Ils montrent qu’un doute doit être levé par un examen, et que l’analyse au microscope garde tout son intérêt : les auteurs de l’étude du centre universitaire recommandent d’analyser toute lésion retirée[5]. Le dermatoscope réduit le risque d’erreur sans le supprimer. Dans une étude menée dans neuf centres européens, dont certains en France, 17,9 % des 134 mélanomes qui ressemblaient à une kératose gardaient cet aspect trompeur, même au dermatoscope[14].
Plus rarement, un cancer de la peau se développe au sein d’une kératose. Dans un service hospitalier chinois, c’était le cas de 2,6 % des 1 365 patients dont la kératose avait été biopsiée : carcinome épidermoïde, carcinome basocellulaire ou kératoacanthome. Les cas concernaient surtout des personnes âgées aux défenses immunitaires affaiblies, et des lésions entourées de rougeur ou ulcérées, en zone exposée au soleil[7]. Ce chiffre porte sur des kératoses biopsiées à l’hôpital : il ne vaut pas pour toutes les kératoses.
Enfin, l’apparition brutale de nombreuses kératoses, souvent avec des démangeaisons, a été décrite chez des personnes atteintes d’un cancer d’un organe interne. C’est le signe de Leser-Trélat, qui justifie un bilan[3]. Ce lien reste discuté : dans une grande étude suédoise, rien ne prouvait que ces éruptions soient liées au risque de cancer interne[15]. C’est un signe rare, dont il faut parler à son médecin traitant.
Pour en savoir plus, voir les pages du centre consacrées aux cancers de la peau, au mélanome et au carcinome cutané.
Qu’est-ce qu’une kératose séborrhéique, et à quoi ressemble-t-elle ?
C’est une lésion bénigne de l’épiderme, qui se développe en surface. Elle se présente comme une tache ou une plaque[1, 3] :
- épaisse, rugueuse ou croûteuse ;
- beige, brune ou noire, parfois peu colorée ;
- légèrement bombée, avec un aspect « collé » à la peau, comme posée à sa surface.
Elle peut être isolée ou groupée avec d’autres. Elle apparaît le plus souvent sur le tronc (dos, thorax) et sur le visage, en particulier le front, mais elle peut se former sur n’importe quelle partie du corps, cou et cuir chevelu compris[3, 9]. Les kératoses grandissent et deviennent lentement plus nombreuses au fil des années ; elles disparaissent rarement d’elles-mêmes[1, 16].

Selon la zone ou le type de peau, elle a parfois un aspect particulier :
| Zone ou forme | Particularités | Pour le retrait |
|---|---|---|
| Visage et front | Zones les plus souvent touchées, avec le tronc[3, 9]. | Retrait souvent demandé pour une raison esthétique[17, 18]. Sur la paupière ou l’oreille, une kératose gênante relève d’un traitement[9]. Le médecin vous indique si le retrait peut se faire au centre ou s’il vous oriente vers un confrère. |
| Cuir chevelu | Même lésion qu’ailleurs, parfois cachée par les cheveux. | Le retrait se discute en cas de gêne ou de doute, comme ailleurs[9]. Après une cryothérapie, une perte de cheveux localisée est possible, mais rare[19]. |
| Dos, thorax, taille | Zones les plus souvent touchées[3]. Le frottement d’une ceinture ou d’un soutien-gorge entretient l’inflammation, le saignement et les démangeaisons[9]. | Retrait conseillé en cas de frottement répété[9]. |
| Bas des jambes et chevilles : stucco-kératose | Variante surtout vue chez l’homme âgé : petites lésions blanc-jaune qui se détachent facilement et saignent un peu quand on les gratte[9]. | Après une cryothérapie, les jambes cicatrisent plus lentement[12]. |
| Peau mate ou foncée : dermatose papuleuse noire | Multiples petites lésions, plus fréquentes sur peau mate à foncée et chez la femme. Au microscope, c’est la même lésion[3]. | Après une cryothérapie, une tache plus claire peut persister, surtout sur peau noire, asiatique ou méditerranéenne[12]. |
Deux autres lésions bénignes fréquentes ne doivent pas être confondues avec elle. Le grain de beauté (nævus) est fait de cellules pigmentaires : voir le retrait d’un grain de beauté. L’acrochordon est une petite excroissance molle des plis : voir les acrochordons.
Qui est concerné ?
L’âge est le principal facteur. Les premières kératoses apparaissent souvent au milieu de la vie adulte, puis leur nombre augmente lentement ; presque tous les adultes de 60 ans et plus en ont au moins une[1]. Dans l’étude australienne, parmi les personnes qui en avaient, le nombre de lésions augmentait aussi avec l’âge : la moitié des 15-25 ans en avaient au moins 6, et la moitié des plus de 75 ans au moins 69, sans différence entre hommes et femmes[2].
Des antécédents familiaux sont souvent retrouvés, surtout quand les lésions sont nombreuses[9].
Le soleil pourrait jouer un rôle. Les lésions sont plus nombreuses sur les zones exposées[2], et plus fréquentes chez les hommes très exposés, d’après une étude coréenne[20]. Mais le lien de cause à effet n’est pas démontré[9].
Quand faut-il montrer une kératose à un médecin ?
Il est utile de faire confirmer le diagnostic au moins une fois par un médecin : médecin traitant, dermatologue ou chirurgien. L’examen se fait à l’œil nu, puis au dermatoscope. Il est simple et ne dure que quelques minutes[11].
En dermoscopie, c’est-à-dire au dermatoscope, une kératose séborrhéique montre souvent des signes typiques : fissures et crêtes, petits kystes de corne, orifices bouchés par de la corne, fins vaisseaux en épingle à cheveux. Aucun de ces signes ne suffit seul : un mélanome peut, lui aussi, montrer de petits kystes de corne, des orifices bouchés par de la corne ou des fissures[14, 21].
Certains signes doivent faire consulter sans attendre, qu’il s’agisse ou non d’une kératose. Ils sont détaillés dans l’article sur les signes d’alerte d’une tache suspecte (règle ABCDE) ; l’examen de la peau au dermatoscope (dépistage) est présenté sur une page dédiée.
| Ce que l’on observe | Ce que cela signifie | Que faire |
|---|---|---|
| Plaque beige à brune, en relief, rugueuse, d’aspect « collé » ; souvent plusieurs taches semblables, qui évoluent lentement | Aspect habituel d’une kératose séborrhéique[1] | Faire confirmer le diagnostic par un médecin ; retrait seulement en cas de gêne ou de doute |
| Tache qui change vite de forme, de taille, d’épaisseur ou de couleur | « E comme Évolution » : signe d’alerte d’un mélanome[8] | Consulter sans attendre |
| Tache qui ne ressemble pas aux autres (« vilain petit canard »), ou lésion nouvelle, pigmentée ou non | Autres signes d’alerte d’un mélanome[8] | Consulter sans attendre |
| Lésion enflammée, qui saigne, s’ulcère ou reste très irritée | Peut imiter ou cacher un cancer[3, 6] | Consulter : une biopsie ou un retrait permet de l’écarter[3] |
| Kératose qui frotte (ceinture, soutien-gorge), saigne au frottement ou démange | Gêne fonctionnelle : le frottement entretient l’inflammation[9] | En parler au médecin : le retrait est alors conseillé[9] |
| Apparition brutale de nombreuses kératoses, avec démangeaisons | Signe rare et discuté (signe de Leser-Trélat)[3, 15] | En parler à son médecin traitant : un bilan peut être proposé |
Aucun signe ne fait le diagnostic. En cas de doute, la lésion est retirée et analysée au microscope, plutôt que détruite[9].

Kératose qui tombe, qui saigne ou qui a été arrachée : que faire ?
Une kératose peut s’accrocher à un vêtement, être grattée, s’arracher en partie ou se détacher. Voici ce que disent les sources médicales :
- Aux jambes et aux chevilles, la stucco-kératose se détache facilement et saigne un peu quand on la gratte[9].
- Une disparition complète et spontanée est rare[16].
- Une repousse est décrite après un retrait incomplet, par curetage ou par rasage[9]. Les sources consultées ne décrivent pas ce qui se passe après un arrachement accidentel.
- Une lésion qui saigne, s’enflamme ou s’ulcère doit être montrée à un médecin : une biopsie ou un retrait peut être proposé pour écarter un cancer[3].
Mieux vaut ne pas arracher soi-même une lésion de la peau : si ce n’était pas une kératose, elle ne pourrait plus être analysée. Les traitements locaux (crèmes, solutions) ont des effets limités : aucun ne s’est encore montré fiable de façon constante, et aucun n’est considéré comme un traitement établi[3, 9]. Le traitement repose sur de petits gestes réalisés par un médecin[3].
Faut-il retirer une kératose séborrhéique ?
Ce n’est pas obligatoire. Bénigne, la kératose séborrhéique n’impose aucun traitement[17]. Son retrait n’a pas d’intérêt médical, sauf si une analyse est nécessaire, ou si la lésion est blessée ou gênante[22]. Il se discute dans trois situations[9, 22] :
- Gêne esthétique, surtout sur une zone visible comme le visage.
- Gêne fonctionnelle : lésion qui frotte, s’enflamme, saigne ou démange ; kératose gênante sur la paupière ou l’oreille[9].
- Doute diagnostique : la lésion est alors retirée et analysée au microscope[9].
La décision se prend avec le médecin, après l’examen, en pesant la gêne et la trace possible. Pour un retrait esthétique, la cicatrice finale doit être moins visible ou moins gênante que la lésion[13].
Quel traitement pour retirer une kératose séborrhéique : cryothérapie, curetage, laser ou exérèse ?
Plusieurs techniques existent. Les essais qui les comparent sont petits, et leurs résultats divergent[10, 23, 24]. Le choix dépend d’abord d’une question : faut-il analyser la lésion ? Il tient compte aussi de son épaisseur, de la zone et du type de peau[10, 12].
- Cryothérapie. L’azote liquide gèle la lésion. Il n’y a pas d’anesthésie : une légère douleur pendant l’application, puis une brève sensation de brûlure. La peau réagit comme après une brûlure (rougeur, gonflement, parfois une cloque) ; la croûte tombe en quelques jours, et il faut souvent plusieurs séances[12]. La lésion détruite ne peut pas être analysée : la cryothérapie ne convient donc pas en cas de doute[19]. C’est la méthode la plus utilisée par les dermatologues interrogés aux États-Unis en 2015[22].
- Curetage, parfois suivi d’une électrocoagulation. Il se fait sous anesthésie locale[18]. Le fragment retiré peut être analysé, et c’est la technique conseillée pour les kératoses épaisses[10]. Une petite trace, plus claire ou plus foncée, est possible, et la lésion peut repousser si le retrait est incomplet[9, 18]. Dans le petit essai allemand, la lésion avait disparu à 12 semaines dans 87,5 % des cas après curetage, et les observateurs ont jugé son aspect plus favorable qu’après laser[10].
- Laser (CO₂ ou erbium-YAG). Il détruit la lésion : aucune analyse n’est alors possible. Il coûte plus cher que la cryothérapie ou le curetage, et le laser CO₂ expose à un risque un peu plus élevé de cicatrice ou de tache[3]. Dans un essai turc (42 patients, contrôle à 2 mois), toutes les lésions traitées par une seule séance de laser erbium-YAG avaient disparu, contre 68 % après cryothérapie ; le laser laissait moins de taches foncées, mais plus de rougeur[23]. Dans l’essai allemand, un autre laser (532 nm) était la technique la plus douloureuse, mais 67 % des patients le choisiraient pour un prochain traitement (peu de saignement, pas de pansement)[10].
- Exérèse chirurgicale. Sous anesthésie locale, la lésion est retirée en entier au bistouri, puis la peau est refermée par des points. L’exérèse est proposée surtout en cas de doute sur le diagnostic, car elle permet d’analyser toute la lésion[9]. L’exérèse laisse toujours une cicatrice, en trait, souvent au moins trois fois plus longue que large : pour une perte de peau d’environ 1 cm, la cicatrice peut mesurer environ 3 cm de long. Quand des fils sont à retirer, ils le sont en général au bout de 8 jours environ au visage, de 10 à 15 jours sur le tronc et les membres, et de 15 à 21 jours aux extrémités, notamment au pied ; la date exacte vous est indiquée par le chirurgien[13].
| Technique | Anesthésie | Analyse au microscope | Suites | Trace possible |
|---|---|---|---|---|
| Cryothérapie (azote liquide) | Aucune ; légère douleur, puis brève brûlure[12] | Non[19] | Rougeur, gonflement, parfois cloque ; croûte en quelques jours ; souvent plusieurs séances[12] | Tache plus claire, surtout sur peau mate ou foncée ; plus rarement cicatrice[12, 19] |
| Curetage, avec ou sans électrocoagulation | Locale[18] | Oui, sur le fragment retiré[10] | Soins locaux à domicile (nettoyage, pommade protectrice, pansement) jusqu’à cicatrisation[9] | Tache claire ou foncée, petite cicatrice ; repousse si retrait incomplet[9, 18] |
| Laser (CO₂, erbium-YAG) | Précisée par le médecin avant le geste ; dans l’essai allemand, un autre laser (532 nm) était la technique la plus douloureuse[10] | Non[3] | Rougeur[23] | Tache ou cicatrice, un peu plus fréquentes avec le CO₂[3] |
| Exérèse chirurgicale | Locale[13] | Oui, sur toute la lésion | Fils à retirer, le cas échéant, en général au bout de 8 jours environ au visage, de 10 à 15 jours sur le tronc et les membres, de 15 à 21 jours aux extrémités ; date fixée par le chirurgien[13] | Cicatrice toujours présente, en trait, souvent au moins 3 fois plus longue que large (environ 3 cm de long pour 1 cm de peau retirée)[13] |

Comment se passe la prise en charge au centre ?
Au centre, la lésion est examinée par le Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien. L’examen se fait au dermatoscope numérique, couplé à une intelligence artificielle d’aide à l’analyse ; l’interprétation et la décision restent médicales. Il n’est pas dermatologue : si vous avez de nombreuses taches à surveiller, un suivi régulier par un dermatologue peut vous être conseillé.
- Consultation. Examen de la lésion et des autres taches ; questions sur son ancienneté et son évolution, sur vos antécédents personnels et familiaux de cancer de la peau et sur vos traitements.
- Décision. Laisser la lésion en place, la surveiller ou la retirer. Le choix de la technique tient compte de la lésion, de la zone, de votre peau et de l’intérêt d’une analyse. Au centre, le retrait se fait à l’azote liquide (cryothérapie) ou par exérèse chirurgicale, selon la nature de la lésion et sa localisation.
- Devis. Pour un retrait esthétique, le devis précise que l’acte n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie ; il est obligatoire à partir de 300 €[25]. En dessous de ce montant, vous pouvez en demander un[25].
- Retrait. Selon la technique retenue : sans anesthésie pour une cryothérapie ; sous anesthésie locale pour un curetage ou une exérèse[12, 13, 18].
- Analyse. Une lésion retirée par curetage ou par exérèse peut être envoyée au laboratoire d’anatomopathologie[10]. Au centre, toute lésion suspecte retirée est systématiquement adressée au laboratoire.
- Suites. Après une cryothérapie, il ne faut pas arracher les croûtes, et la zone doit être protégée du soleil pour limiter les taches foncées ; mieux vaut éviter l’été pour ce geste[12]. Après un curetage, des soins locaux (nettoyage, pommade protectrice, pansement) sont nécessaires jusqu’à la cicatrisation[9]. Après un curetage, la cicatrisation prend généralement 8 à 10 jours, avec des variations selon la taille et la localisation. Après une exérèse, une douleur anormale, un gonflement important ou un saignement persistant doivent faire recontacter rapidement le médecin[13].
En pratique
Apportez la liste de vos traitements et, si la lésion a changé, des photos qui montrent son évolution. Signalez une cicatrice épaisse ou en bourrelet déjà survenue après une plaie ou une opération. Prendre rendez-vous au centre, 11 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e.
Y a-t-il une trace après le retrait ?
Une exérèse laisse toujours une cicatrice, en trait[13]. Avec les autres techniques, une trace est possible : tache plus claire ou plus foncée, petite cicatrice[12, 18, 23]. Le risque dépend de la technique, de la zone et de la peau de chacun. Un essai iranien a porté sur plusieurs petites lésions bénignes, dont les kératoses. Après cryothérapie, 3,1 % des lésions traitées ont présenté une tache plus claire, et 6,3 % une zone devenue blanche (dépigmentée). Après électrochirurgie (destruction par courant électrique), 6,3 % ont présenté une tache plus claire, et 3,1 % une petite cicatrice en creux[24].
Après une exérèse, la cicatrisation varie beaucoup d’une personne à l’autre. Environ 5 % des interventions se compliquent, le plus souvent de façon bénigne : malaise, saignement, infection[13].
Pour prendre soin de la plaie, voir les conseils pour améliorer sa cicatrisation. Si vous avez déjà eu une cicatrice chéloïde, signalez-le avant le retrait. Une cicatrice gênante peut être reprise : voir la prise en charge des cicatrices au centre.
Nouvelles lésions et récidive
Retirer une kératose n’empêche pas l’apparition d’autres kératoses : leur nombre augmente avec l’âge[1, 2]. Une lésion mal retirée peut aussi repousser au même endroit[9, 18].
Aucune mesure n’a fait la preuve qu’elle empêche leur apparition, et le rôle du soleil reste discuté[9]. La protection solaire reste utile pour une autre raison : plus de 85 % des cancers de la peau sont attribuables à une exposition excessive aux ultraviolets[26]. Si vous avez de nombreuses taches, ou des antécédents personnels ou familiaux de cancer de la peau, demandez à votre médecin à quel rythme faire examiner votre peau.
Prix et remboursement du retrait d’une kératose séborrhéique
La prise en charge dépend du motif du retrait.
| Situation | Prise en charge par l’Assurance maladie |
|---|---|
| Retrait uniquement esthétique | Non pris en charge : ni l’acte, ni les examens, ni les prescriptions liées. Le devis doit le mentionner ; il est obligatoire à partir de 300 € ou en cas d’anesthésie générale, et remis sur demande en dessous[25]. |
| Retrait médicalement justifié (lésion suspecte ou à risque élevé de cancer) | Remboursé sur la base du tarif de la Sécurité sociale[13]. En secteur 2, les dépassements d’honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle[27]. |
| Dermatoscopie | Pas facturée à part : elle fait partie de la consultation, sauf chez les personnes à haut risque de mélanome, pour qui elle est remboursée[11]. |
Le laser coûte plus cher que la cryothérapie ou le curetage[3] ; pour un motif esthétique, il n’est pas remboursé[25].
Tarifs du centre : la consultation est à 100 € et l’intervention chirurgicale à partir de 250 €, sur devis selon le nombre de lésions et le geste nécessaire. Le Dr Stroumza-Escoffier est conventionné en secteur 2, non adhérent à l’OPTAM ; selon l’indication et votre contrat de mutuelle, la prise en charge peut couvrir jusqu’à la totalité des honoraires, sans que cela soit garanti. Voir aussi la page tarifs et remboursements.
À retenir
- La kératose séborrhéique est bénigne, mais un cancer peut lui ressembler : faites-la examiner au moins une fois par un médecin.
- Consultez sans attendre si une tache change vite, saigne, s’enflamme ou ne ressemble pas aux autres.
- Le retrait n’est pas obligatoire : il se discute en cas de gêne ou de doute.
- La cryothérapie détruit la lésion sans analyse possible ; le curetage et l’exérèse permettent l’analyse.
- Une exérèse laisse toujours une cicatrice ; les autres techniques peuvent laisser une trace. De nouvelles kératoses peuvent apparaître avec l’âge.
- Un retrait uniquement esthétique n’est pas remboursé.
Questions fréquentes
Les kératoses séborrhéiques sont-elles graves ?
Non : elles sont bénignes et ne mettent pas la santé en danger (Wollina, 2019 [3]). Le risque est de confondre une kératose avec un mélanome ou un carcinome, qui peuvent lui ressembler (Izikson, 2002 [5]). D’où l’intérêt de faire examiner au moins une fois toute nouvelle tache, puis de consulter si l’une d’elles change.
Une kératose séborrhéique peut-elle se transformer en cancer ?
La kératose elle-même est considérée comme bénigne : ses anomalies génétiques ne la rendent pas cancéreuse (Wollina, 2019 ; Hafner, 2007 [3, 4]). Mais, rarement, un cancer de la peau se développe au sein d’une kératose : dans une série hospitalière chinoise, c’était le cas de 2,6 % des 1 365 patients dont la kératose avait été biopsiée (Ye, 2021 [7]). Ce chiffre porte sur des kératoses biopsiées à l’hôpital : il ne vaut pas pour toutes les kératoses. Une kératose qui change, rougit, saigne ou s’ulcère doit être montrée à un médecin.
Kératose séborrhéique ou grain de beauté : comment faire la différence ?
La kératose est le plus souvent en relief, rugueuse, comme collée sur la peau, mais certaines sont plates (StatPearls [1]) ; le grain de beauté (nævus) est fait de cellules pigmentaires. La différence n’est pas toujours évidente à l’œil nu. L’examen au dermatoscope (dermoscopie) aide à les distinguer (Dermato-Info ; Minagawa, 2017 [11, 21]) ; en cas de doute, la lésion est retirée et analysée (Lubis, 2026 [9]).
Est-ce que le retrait est douloureux ?
Cela dépend de la technique. La cryothérapie se fait sans anesthésie : légère douleur pendant l’application, puis brève sensation de brûlure (Dermato-Info [12]). Le curetage et l’exérèse se font sous anesthésie locale : l’injection pique, puis le produit supprime la douleur (Dermato-Info [13]). Après une exérèse, une douleur anormale, un gonflement important ou un saignement persistant doivent vous amener à recontacter rapidement le médecin (Dermato-Info [13]).
Peut-on éviter les kératoses séborrhéiques ?
Aucun moyen n’a fait la preuve qu’il empêche leur apparition, et le rôle du soleil est discuté (Lubis, 2026 [9]). La protection solaire reste recommandée pour prévenir les cancers de la peau, dont plus de 85 % sont attribuables aux ultraviolets (Santé publique France [26]).
Y a-t-il une cicatrice après le retrait ?
Une exérèse laisse toujours une cicatrice, en trait (Dermato-Info [13]). Avec les autres techniques, une trace est possible : tache plus claire ou plus foncée, petite cicatrice (Dermato-Info ; Gorai, 2022 [12, 18]). Le risque dépend de la technique, de la zone et de la peau de chacun. Pour un retrait esthétique, la trace doit être moins visible que la lésion (Dermato-Info [13]).
Le retrait est-il remboursé ?
Un retrait uniquement esthétique n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie (Service-Public [25]). Un retrait médicalement justifié (lésion suspecte ou à risque élevé de cancer) est remboursé sur la base du tarif de la Sécurité sociale (Dermato-Info [13]) ; les éventuels dépassements d’honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle (Service-Public [27]).
Ma kératose est tombée ou je l’ai arrachée : que faire ?
Montrez la zone à un médecin si elle saigne, s’enflamme ou si la lésion repousse : une lésion qui saigne ou s’ulcère peut être prélevée pour écarter un cancer (Wollina, 2019 [3]). Une disparition complète et spontanée est rare (Takada, 2026 [16]).
Combien coûte le retrait d’une kératose séborrhéique au laser ?
D’après une revue allemande, le laser coûte plus cher que les petits gestes comme la cryothérapie ou le curetage (Wollina, 2019 [3]). Pour un motif esthétique, il n’est pas remboursé (Service-Public [25]). Il détruit la lésion sans analyse possible : il ne convient donc pas en cas de doute. Le médecin vous indique si un laser peut vous être proposé au centre ou s’il vous oriente vers un confrère.
Comment traiter une kératose séborrhéique du cuir chevelu ?
Comme ailleurs : le retrait se discute si elle gêne (frottement, démangeaisons) ou en cas de doute (Lubis, 2026 [9]), avec les mêmes techniques. Après une cryothérapie, une perte de cheveux localisée est possible, mais rare (Clebak, 2020 [19]).
Les kératoses séborrhéiques sont-elles contagieuses ?
La kératose séborrhéique est une tumeur bénigne de l’épiderme (StatPearls ; Wollina, 2019 [1, 3]) ; ce n’est pas une infection. L’hypothèse d’une origine virale (papillomavirus) n’a pas été confirmée par les études récentes (Wollina, 2019 [3]). Cas particulier : dans la région génitale, des papillomavirus sont souvent associés à ces lésions, et une lésion due à un papillomavirus (verrue génitale) peut leur ressembler (Wollina, 2019 ; Gorai, 2022 [3, 18]). Toute lésion de cette zone doit être montrée à un médecin.
Existe-t-il un traitement en pharmacie ?
Les traitements locaux (crèmes, solutions) ont des effets limités : aucun ne s’est encore montré fiable de façon constante, et aucun n’est considéré comme un traitement établi (Wollina, 2019 ; Lubis, 2026 [3, 9]). Le retrait repose sur de petits gestes réalisés par un médecin. Mieux vaut ne pas brûler ni arracher une tache soi-même : si ce n’était pas une kératose, elle ne pourrait plus être analysée.
Faut-il voir un dermatologue pour une kératose séborrhéique ?
Pas forcément. Le diagnostic peut être posé par le médecin traitant ou le dermatologue. Le retrait peut être réalisé par un dermatologue ou par un chirurgien, selon la lésion et la technique. Au centre, les kératoses sont prises en charge par le Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien.
Une kératose séborrhéique peut-elle disparaître toute seule ?
Rarement. Les kératoses grandissent et deviennent lentement plus nombreuses au fil des années (StatPearls [1]) ; une disparition spontanée a été peu décrite (Takada, 2026 [16]). Une tache qui change vite d’aspect mérite un avis médical (HAS [8]).
À propos de l’auteur
Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier — chirurgien plasticien à Paris 8e, qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, ancien chef de clinique-assistant des hôpitaux de Paris. RPPS 10100674943. Découvrir le parcours du Dr Stroumza-Escoffier.
Cabinet : 11 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Contacter le cabinet.
Références
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Page rédigée sous la responsabilité du Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris 8e — RPPS 10100674943. Publiée le 15 mai 2025 · Mise à jour le 8 octobre 2026. Cette page a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.
Les différents types de chirurgie dermatologique
Un large éventail d’affections cutanées peuvent être traitées chirurgicalement. Le type d’intervention dépend toujours de la nature et de la gravité de la lésion.