Cancer de la peau : chirurgie et traitement à Paris 8

Carcinome ou mélanome : identifier le type de cancer, savoir qui fait quoi et comprendre le parcours chirurgical, de l’opération à la surveillance.

Table des matières

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à la clinique

Révisé médicalement par le Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris 8.

RPPS 10100674943 — Publié le 15 mai 2025 · Mis à jour le 8 octobre 2026.

Un cancer de la peau se traite le plus souvent par la chirurgie : la lésion est retirée en entier avec une marge de peau saine, puis analysée au microscope, parfois après une biopsie. Cette page vous aide à vous repérer : types de cancers, qui fait quoi, et pages détaillées du centre de chirurgie dermatologique à Paris.

En bref

  • Trois cancers font l’essentiel des cas : le carcinome basocellulaire (70 %), le carcinome épidermoïde (20 %) et le mélanome (10 %), selon l’Institut national du cancer (INCa)[1].
  • Le carcinome basocellulaire reste le plus souvent local. Retiré en entier, il guérit dans la grande majorité des cas, mais il doit être traité tôt, car il peut s’étendre en surface comme en profondeur[1, 2].
  • Le mélanome est le moins fréquent des trois, mais le plus dangereux : 17 922 nouveaux cas et 1 904 décès en France métropolitaine en 2023[3]. Sept à huit mélanomes sur dix apparaissent sur une peau saine, là où il n’y avait pas de grain de beauté[1].
  • Santé publique France estime les cancers de la peau à 141 000 à 243 500 nouveaux cas par an (estimation pour 2018) : un calcul à partir des cas relevés dans deux départements, pas un décompte[4].
  • Seul l’examen au microscope d’un prélèvement, biopsie ou lésion retirée, établit le diagnostic[2, 5].

Réponse courte

« Cancer de la peau » recouvre des maladies très différentes : un carcinome basocellulaire retiré en entier et un mélanome épais n’ont ni le même traitement ni le même pronostic. La première étape est presque toujours la même : faire analyser la lésion au microscope, en la retirant en entier, ce qui est la règle devant un mélanome suspect[5], ou, pour certains carcinomes, par une biopsie préalable[2]. C’est le résultat de cette analyse, et non l’aspect de la lésion, qui décide de la suite.

Définitions

Carcinome : cancer né des kératinocytes, les cellules qui forment l’essentiel de l’épiderme, la couche superficielle de la peau. Les carcinomes représentent 90 % des cancers cutanés diagnostiqués en France[1].

Mélanome : cancer né des mélanocytes, les cellules qui fabriquent le pigment de la peau ; elles se trouvent elles aussi dans l’épiderme[6].

Biopsie : prélèvement d’un petit fragment de la lésion, analysé avant de décider du traitement.

Exérèse : retrait chirurgical de la lésion en entier, avec une marge, c’est-à-dire une bande de peau saine tout autour.

Analyse anatomopathologique : examen au microscope du tissu prélevé ou retiré, qui confirme le diagnostic et vérifie que les marges sont saines.

RCP : réunion de concertation pluridisciplinaire, qui rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes pour proposer un traitement[7].

Méta-analyse : étude qui regroupe les résultats de plusieurs études sur une même question.

Carcinome ou mélanome : de quel cancer de la peau s’agit-il ?

Les cancers cutanés se distinguent par la cellule dont ils naissent : c’est elle qui fixe leur comportement et, en grande partie, leur traitement.

Les cancers de la peau : origine, fréquence et comportement
Type Cellule d’origine Part des cancers cutanés Comportement Page détaillée
Carcinome basocellulaireCouche la plus profonde de l’épiderme (couche basale)70 %Reste le plus souvent sur place. Métastases exceptionnelles : de 1 cas sur 1 000 à 1 sur 35 000 selon les estimations rapportées dans une revue de 170 cas (1984)[8].Traitement du carcinome basocellulaire
Carcinome épidermoïdeCouches supérieures de l’épiderme20 %Peut gagner les ganglions et donner des métastases[1] : sur 985 patients suivis environ quatre ans (50 mois en médiane) dans une étude américaine, 3,7 % ont eu une atteinte des ganglions et 2,1 % sont décédés de ce cancer[9].Chirurgie du carcinome épidermoïde
MélanomeMélanocytes, cellules du pigment10 %Risque élevé de métastases. Plus il est épais au moment du diagnostic (indice de Breslow, mesuré au microscope), plus ce risque est grand : c’est le principal facteur de pronostic[7].Chirurgie du mélanome à Paris
Formes rares (Merkel, Kaposi, lymphomes cutanés, carcinomes annexiels)VariableMoins de 1 %Seul le carcinome de Merkel présente un risque élevé de métastases mettant en jeu la vie[6].Avis spécialisé, au cas par cas
Coupe de peau saine avec un agrandissement de l’épiderme : le carcinome basocellulaire naît de la couche basale, le carcinome épidermoïde des couches supérieures et le mélanome des mélanocytes, situés dans la couche basale
Figure 1 — Où naissent les trois principaux cancers de la peau, sur une coupe de peau saine agrandie : (1) carcinome basocellulaire, couche basale de l’épiderme ; (2) carcinome épidermoïde, couches supérieures de l’épiderme ; (3) mélanome, mélanocyte (cellule du pigment)[1, 6]. Illustration générée par intelligence artificielle, non issue d’une imagerie médicale.

Quels signes doivent faire consulter, et quelles lésions sont souvent bénignes ?

Comme la plupart des mélanomes naissent sur une peau saine[1], il faut repérer ce qui apparaît, pas seulement surveiller ses grains de beauté connus. La règle ABCDE (asymétrie, bords, couleur, diamètre, évolution) est détaillée sur la page mélanome : diagnostic et chirurgie et dans l’article grain de beauté suspect et règle ABCDE ; l’examen de toute la peau est présenté sur la page dépistage des grains de beauté à Paris.

Doivent faire consulter : un grain de beauté qui n’est pas comme les autres (le « vilain petit canard ») ; une tache brune qui apparaît ; un grain de beauté qui change vite ; une plaie ou une croûte qui ne cicatrise pas[10] ; une lésion qui saigne[6] ; une lésion nouvelle, même non pigmentée, car un mélanome n’est pas toujours brun[11]. Ces signes justifient un avis médical sans attendre[10]. Le « vilain petit canard » est l’un des signes les plus utiles pour repérer un mélanome, d’après une étude française menée sur photographies[12].

Ce que l’on observe, ce que cela peut être, où lire la suite
Ce qui inquiète Ce que cela peut être Où lire la suite
Tache nouvelle, pigmentée ou non, grain de beauté différent des autres ou qui changeUn grain de beauté bénin, parfois un mélanome : seul l’examen trancheMélanome · Dépistage
Plaie, croûte ou bouton qui persiste ou s’étend, surtout sur une zone exposée au soleilPeut être un carcinome, surtout après 50 ans[13], parfois un mélanome non pigmenté[11] : seul l’examen trancheCarcinome cutané
Tache brune en relief, d’aspect « posé » sur la peauPeut être une kératose séborrhéique, lésion bénigne : à montrer si elle change ou saigneKératose séborrhéique
Petite excroissance molle dans les plis du cou ou des aissellesPeut être un acrochordon, petite excroissance de peau bénigneAcrochordons
Grain de beauté stable que l’on veut faire retirerLe plus souvent un grain de beauté (nævus) bénin, à confirmer par un examen : le retrait se discute, il ne s’impose pas[14]Retrait d’un grain de beauté

Aucun signe ne fait le diagnostic : seul l’examen anatomopathologique d’un prélèvement, biopsie ou lésion retirée, le confirme[2, 5].

Ce que fait le chirurgien, et ce qui relève d’autres spécialistes

Qui intervient, et à quelle étape
Étape Qui Ce qui s’y décide
Repérage, examen de toute la peau, surveillanceLe médecin traitant, puis le dermatologue, « expert en repérage des cancers cutanés » selon l’INCa[11]Quelles lésions prélever ou retirer, à quel rythme se faire examiner
Exérèse, reprise d’exérèse, fermeture, reconstructionLe dermatologue ou le chirurgien[15] ; au centre, le Dr Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticienLa technique de retrait et de fermeture, adaptée à la zone
Analyse du tissu prélevé ou retiréL’anatomopathologisteLe type exact, l’épaisseur et l’état des marges (saines ou non)[5]
Décision des traitements complémentairesLa RCP, qui réunit au moins trois spécialités[7]Reprise, ganglion sentinelle, traitements médicamenteux, radiothérapie
Traitements médicamenteux, radiothérapieLes équipes d’oncologie, dans des établissements autorisés à traiter le cancer[7]Immunothérapie, thérapies ciblées, radiothérapie

Le Dr Stroumza-Escoffier est chirurgien plasticien. Il n’est pas dermatologue et ne prescrit pas les traitements médicamenteux du cancer. Son rôle est chirurgical : retirer la lésion en entier, l’adresser au laboratoire d’anatomopathologie, refermer la peau et, si besoin, la reconstruire. Le repérage revient au dermatologue, qui s’aide du dermoscope, une loupe grossissante éclairée : selon une méta-analyse de 9 études cliniques, cet examen reconnaît mieux un mélanome que l’œil nu[16].

Comment se déroule la prise en charge ?

La prise en charge suit six étapes ; leur détail figure sur les pages carcinome cutané, basocellulaire ou épidermoïde et prise en charge du mélanome.

  1. Consultation. Examen de la lésion et des ganglions voisins[17], antécédents personnels et familiaux, traitements en cours.
  2. Biopsie ou exérèse. Pour un carcinome basocellulaire, une biopsie précède l’exérèse si le diagnostic est incertain, si la tumeur est à risque élevé de récidive ou si sa fermeture demandera une reconstruction importante[2]. Sinon, la lésion est retirée entière d’emblée, le plus souvent sous anesthésie locale[5]. Une lésion suspecte ne se détruit pas sans diagnostic.
  3. Analyse anatomopathologique. Elle confirme le diagnostic, précise le type de cancer et, pour un mélanome, mesure son épaisseur[5]. Devant une suspicion de mélanome, elle est indispensable[18].
  4. Résultat. Il est expliqué en consultation. Pour un mélanome, une reprise d’exérèse de sécurité est réalisée dans la majorité des cas, même si la lésion a été retirée en entier ; sa largeur dépend de l’épaisseur (indice de Breslow)[5]. Pour un carcinome, si la tumeur touche le bord du fragment retiré ou si la marge est trop étroite, une reprise est en général recommandée[2, 17] ; pour un carcinome basocellulaire de bon pronostic, une surveillance peut se discuter[2].
  5. Réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Tout dossier de cancer doit être présenté en RCP au début ou lors d’une modification du traitement[19] ; ceux qui relèvent d’une prise en charge standard peuvent y être seulement enregistrés, sans discussion[20]. La grande majorité des carcinomes basocellulaires ne justifie pas de décision en RCP[2] ; pour un carcinome épidermoïde, la discussion est facultative à faible risque et recommandée à risque élevé[17] ; un mélanome y est discuté[7, 21].
  6. Suivi. Il porte sur toute la peau et se fait en général auprès du dermatologue ; son rythme dépend du type de cancer et du stade[2, 22].

En pratique

Si une lésion a changé, apportez vos photos. Signalez tout cancer de la peau passé, chez vous ou dans votre famille, et tout traitement qui affaiblit les défenses immunitaires. Prendre rendez-vous au cabinet, 11 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8e.

Refermer après l’exérèse : ce qui guide le choix

Selon la taille et la zone, la perte de peau est refermée par suture directe, cicatrisation dirigée, greffe de peau ou lambeau local, c’est-à-dire de la peau voisine déplacée avec ses vaisseaux[15]. Au visage (nez, paupières, oreilles, lèvres), le choix engage la fonction autant que l’apparence. Un lambeau, ou une greffe pour une tumeur à risque, peut attendre le résultat de l’analyse : on vérifie d’abord les marges, puis on referme[2, 17]. Les techniques sont détaillées sur la page greffe et lambeau après un cancer cutané.

Toute exérèse laisse une cicatrice, dont l’aspect ne peut être garanti : les cicatrices ne sont jamais les mêmes d’un patient à l’autre[15]. Comme toute chirurgie, elle peut se compliquer d’un saignement ou d’une infection. La cicatrisation peut être retardée, et une partie d’une greffe ou d’un lambeau peut ne pas survivre (nécrose), parfois au prix d’une nouvelle intervention ; la cicatrice peut aussi s’épaissir (cicatrice hypertrophique) ou former un bourrelet (chéloïde), surtout sur les oreilles et là où la peau est tendue[15]. Enfin, l’exérèse peut se révéler incomplète : une reprise est alors en général recommandée, car un carcinome basocellulaire incomplètement retiré récidive dans environ 50 % des cas[2]. Voir aussi les pages consacrées à la reprise d’une cicatrice et à l’intérêt de traiter tôt un carcinome basocellulaire.

La même perte de peau du haut du dos, avant puis juste après la fermeture, refermée de trois façons : suture directe après un tracé en fuseau, greffe de peau, et lambeau local qui pivote en restant attaché par sa base
Figure 2 — Refermer après l’exérèse : la même perte de peau du haut du dos, avant puis juste après la fermeture ; en pratique, une seule de ces fermetures est choisie, selon la taille et la zone. A, suture directe : après une découpe en fuseau, les deux bords sont rapprochés, d’où une cicatrice en ligne plus longue que la plaie ; B, greffe de peau : un greffon prélevé sur le patient lui-même, à un autre endroit du corps, recouvre la plaie ; C, lambeau local : un fragment de peau voisine, qui garde ses vaisseaux et reste attaché par sa base, pivote pour couvrir la plaie[15]. Illustration générée par intelligence artificielle : elle ne représente ni un patient ni un résultat.

Et si le cancer est plus avancé ?

Tumeur épaisse, atteinte des ganglions ou métastases : le dossier est discuté en RCP. Selon le stade, peuvent s’ajouter à la reprise d’exérèse le retrait du ganglion sentinelle (le premier ganglion qui draine la zone de la tumeur) ou un curage ganglionnaire, une immunothérapie, une thérapie ciblée ou une radiothérapie[7, 15]. Pour un carcinome épidermoïde localement avancé ou métastatique qui ne relève ni d’une chirurgie ni d’une radiothérapie à visée curative, l’immunothérapie dite « anti-PD-1 » est le traitement médicamenteux de première intention[23]. Les traitements médicamenteux et la radiothérapie relèvent des équipes d’oncologie.

Un traitement expérimental à ARN messager, conçu pour chaque patient et associé au pembrolizumab après l’ablation d’un mélanome de stade IIIB à IV, a allongé la durée sans récidive par rapport au pembrolizumab seul dans un essai randomisé de phase IIb (157 patients ; résultats à 5 ans descriptifs)[24]. Il reste en cours d’évaluation ; voir l’article vaccin contre le mélanome et ARN messager.

Après le traitement : surveillance et prévention

Un premier carcinome en annonce souvent d’autres. Selon une méta-analyse de 17 études (2000), le risque à trois ans est de 44 % pour un nouveau basocellulaire après un premier basocellulaire, et de 18 % pour un nouvel épidermoïde après un premier épidermoïde (6 % après un basocellulaire) : au moins dix fois l’incidence d’un premier cancer du même type dans la population générale[25]. Le suivi porte donc sur toute la peau.

L’INCa recommande un auto-examen de la peau tous les trois mois et un examen annuel par un dermatologue aux personnes à risque : peau claire, cheveux blonds ou roux, nombreuses taches de rousseur, 40 grains de beauté ou plus, grains de beauté larges et irréguliers, mélanome personnel ou familial, coups de soleil sévères dans l’enfance ou l’adolescence, fortes expositions solaires[26], immunodépression[11].

Plus de 85 % des cancers de la peau sont liés à une exposition excessive aux ultraviolets (UV), naturels ou artificiels[4]. Les enfants doivent éviter le soleil entre 12 h et 16 h, et les cabines de bronzage sont interdites avant 18 ans[6]. Elles restent risquées ensuite : selon une méta-analyse de 27 études, les avoir utilisées rend le risque de mélanome 20 % plus élevé, et 87 % plus élevé si la première séance a eu lieu avant 35 ans[27].

La crème solaire protège, mais pas de tout : dans un essai australien de 1 621 adultes tirés au sort, son usage quotidien a réduit le nombre de carcinomes épidermoïdes, pas celui des basocellulaires[28] ; dix ans plus tard, on comptait deux fois moins de mélanomes dans le groupe « crème quotidienne » (11 contre 22), sans que le hasard puisse être tout à fait exclu[29]. Les fumeurs ont plus souvent un carcinome épidermoïde, mais pas plus de basocellulaires (méta-analyse de 25 études)[30].

Prise en charge par l’Assurance maladie et tarifs

Les cancers, dont ceux de la peau, figurent sur la liste des affections de longue durée (ALD). Cette reconnaissance n’est pas automatique : l’ALD dite « exonérante » concerne une maladie grave, évoluant pendant plus de 6 mois et nécessitant un traitement coûteux. Lorsqu’elle est reconnue, les soins liés à la maladie sont remboursés au maximum de la base de l’Assurance maladie, sans ticket modérateur ; les dépassements d’honoraires, la participation forfaitaire, les franchises et le forfait hospitalier restent à votre charge[31]. Un devis est remis après la consultation. Honoraires et conditions de remboursement : voir la page tarifs et remboursements.

Les pages du centre pour aller plus loin

Carcinome cutané

Basocellulaire ou épidermoïde : reconnaître, retirer, refermer, surveiller.

Mélanome

Épaisseur, marges, ganglion sentinelle et surveillance selon le stade.

Dépistage des grains de beauté

L’examen de toute la peau et le rythme de surveillance.

Retrait d’un grain de beauté

Quand retirer un grain de beauté (nævus), comment, et quelle cicatrice attendre.

Chirurgie réparatrice

Cicatrisation dirigée, greffe et lambeau après un cancer cutané.

Reprise de cicatrices

Améliorer une cicatrice rétractile, hypertrophique ou gênante.

Questions fréquentes

Cela dépend du type de cancer et du moment du diagnostic. Un carcinome basocellulaire retiré en entier guérit dans la grande majorité des cas, mais il peut récidiver (de l’ordre de 5 à 10 % à 5 ans après une chirurgie classique, Anaes, 2004 [2]) : un suivi reste nécessaire. Pour le mélanome, 93 % des patients diagnostiqués en France entre 2010 et 2015 étaient en vie à cinq ans, hors décès dus à d’autres causes (INCa [3]) ; ce chiffre global masque de grands écarts, car le pronostic dépend surtout de l’épaisseur au diagnostic (INCa [7]).

Pour le mélanome, oui : entre 1990 et 2023, le nombre annuel de nouveaux cas a été multiplié par 5,4 chez l’homme et par 3,4 chez la femme (Santé publique France [4]), et son taux d’incidence progresse encore de 1,6 % par an entre 2019 et 2023 (INCa [3]). Pour les carcinomes, il n’existe pas de comptage national, seulement des estimations (Santé publique France [4]).

Non : ce sont deux cancers distincts, nés de cellules différentes, les kératinocytes pour le carcinome et les mélanocytes, cellules du pigment, pour le mélanome. Après un carcinome basocellulaire, le risque de mélanome est toutefois multiplié par deux (Anaes, 2004 [2]) : toute la peau doit être surveillée.

Elle se fait le plus souvent sous anesthésie locale, qui endort la zone opérée pendant l’intervention (INCa [5]). Les consignes pour les jours suivants sont données en consultation.

La détruire, c’est détruire ce que le laboratoire doit analyser : on perd le diagnostic, la mesure de l’épaisseur et la vérification des marges. Des techniques destructrices comme la cryochirurgie (par le froid) ou le curetage-électrocoagulation gardent une place pour certains carcinomes basocellulaires à faible risque, quand la chirurgie n’est pas retenue et avec une confirmation du diagnostic au microscope (recommandations françaises [2] et européennes [32]). Le laser CO2 n’est pas recommandé pour le carcinome basocellulaire, faute de données suffisantes (Anaes, 2004 [2]).

Selon l’INCa [15], une cicatrice normale reste rose et épaisse environ trois mois, puis s’estompe progressivement en un à deux ans ; il est conseillé de la protéger du soleil pendant cette période pour éviter qu’elle se colore. Les cicatrices ne sont jamais les mêmes d’un patient à l’autre.

Non. En France, aucun programme n’invite toute une tranche d’âge à se faire examiner, comme pour le cancer du sein : le dépistage est individuel, à l’initiative du médecin ou du patient, par exemple devant une lésion suspecte (Santé publique France [6]). Le rythme des contrôles se fixe avec le médecin qui vous examine, médecin traitant ou dermatologue, selon votre niveau de risque.

Oui. Les UV sont le premier facteur, pas le seul : type de peau, antécédents familiaux ou médicaux et immunité affaiblie comptent aussi (Santé publique France [6]). Chez 2 561 greffés du rein ou du cœur suivis en Norvège, le risque de carcinome épidermoïde était multiplié par 65 par rapport à la population générale (Jensen, 1999 [33]).

À propos du Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier

Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier — chirurgien plasticien à Paris 8, qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique. RPPS 10100674943. Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris (hôpital Tenon, AP-HP). Membre du comité scientifique de la SOFCEP. Au centre, sa pratique porte sur la chirurgie des lésions de la peau : exérèse, fermeture et reconstruction, reprise de cicatrices. Parcours du Dr Stroumza-Escoffier.

Cabinet : 11 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Contacter le cabinet.

Références

  1. Institut national du cancer (INCa). Épidémiologie des cancers cutanés. Mis à jour le 28 mai 2026. cancer.fr. Source institutionnelle : répartition 70 / 20 / 10 %, 90 % de carcinomes, 70 à 80 % de mélanomes sur peau saine.
  2. Anaes. Carcinome basocellulaire. Recommandations pour la pratique clinique. Ann Dermatol Venereol. 2004;131:669-677. Texte hébergé par la Société française de dermatologie. Recommandations françaises de référence sur le carcinome basocellulaire : place de la biopsie, taux de récidive, exérèse incomplète, chirurgie en 2 temps, suivi.
  3. INCa. Les mélanomes cutanés (chiffres 2023). Mis à jour le 27 juillet 2026. cancer.fr. Incidence et mortalité 2023, France métropolitaine ; évolution du taux d’incidence 2019-2023 ; survie nette standardisée à 5 ans, diagnostics 2010-2015.
  4. Santé publique France. Cancers de la peau : données. Mis à jour le 13 juillet 2023. santepubliquefrance.fr. Estimation pour 2018 obtenue en transposant à la France métropolitaine l’incidence des registres du Doubs et du Haut-Rhin ; évolution du nombre de mélanomes entre 1990 et 2023.
  5. INCa. Mélanome de la peau : diagnostic et bilan initial. Mis à jour le 18 novembre 2025. cancer.fr. Exérèse diagnostique de la lésion entière ; reprise d’exérèse dans la majorité des cas.
  6. Santé publique France. Cancers de la peau : les maladies. Mis à jour le 13 juillet 2023. santepubliquefrance.fr.
  7. INCa. Mélanome de la peau : étendue du cancer et traitements. Mis à jour le 5 août 2025. cancer.fr.
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Page rédigée sous la responsabilité du Dr Nathaniel Stroumza-Escoffier, chirurgien plasticien à Paris 8 — RPPS 10100674943. Publiée le 15 mai 2025 · Mise à jour le 8 octobre 2026. Cette page a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.

Les différents types de chirurgie dermatologique

Un large éventail d’affections cutanées peuvent être traitées chirurgicalement. Le type d’intervention dépend toujours de la nature et de la gravité de la lésion.

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